Norman fait le héros

Paradoxalement, la première polémique issue d’une création du vidéaste humoristique Norman sera sur le sujet des limites de l’humour. En effet, Norman, le youtubeur aux 10 millions d’abonnés, c’est le spécialiste des vidéos dépolitisées et bon-enfant. Prenant un sujet quelconque (la raclette, l’alcool, la cigarette électronique, les courses, le téléphone…), il détourne de façon humoristique des éléments du quotidien de manière légère et tout-public. Il en faut, le monde de l’humour serait triste s’il se restreignait à un seul registre. Norman lui, n’est pas franchement réputé pour ses prises de position sulfureuses, ou ses remarques caustiques. Pire, ou mieux c’est selon, il n’hésite pas à glisser dans ses vidéos, et presque systématiquement en conclusion, quelques leçons de morale, du genre que l’alcool ou le gras c’est mauvais pour la santé, le tabac c’est mal, et c’est bien d’avoir des amis sur qui compter. Quel brillant polémiste, puis-je préciser d’un ton mesquin.

Pourtant, ce 1er juin 2018, Norman a publié une vidéo de 6 minutes intitulée « TERRAIN MINÉ », dépassant les 2,8 millions de vues à l’heure où j’écris ces lignes, sur le thème des limitations à l’humour imposées arbitrairement sur internet. Pour cet « Oeil du Bouseux », rubrique d’analyse-critique, je ne traiterai pas de la réalisation, des effets spéciaux, des accessoires, de la bande-son, ni même du jeu d’acteur. Ces domaines ne me concernent pas. Par contre, M1 Garand à l’épaule et Colt 1911 à la ceinture, nous allons nous pencher sur le fond, les répliques, le scénario, éléments qui sont dans ma ligne de mire.

politiquement correct mieux avant.jpg

L’univers du court-métrage repose sur une métaphore, celle de la guerre et du champ de bataille, partant de l’expression « terrain miné » pour décrire ce que serait internet : « l’une des zones les plus dangereuses de ce siècle », à en croire le Sergent Norman qui brief ses trois soldats dont la mission est de « faire une blague sur internet ». « Religion, ethnie, homosexualité, féminisme, politique. Ces sujets sont très sensibles. Vaut mieux pas s’y aventurer » poursuit-il. L’allégorie du champ de bataille est évidemment d’une exagération tout-à-fait assumée afin de servir de ressort comique et de trame narrative. C’est simple, efficace, donc plutôt habile à première vue. Toutefois, le danger avec les exagérations, c’est de commencer à y croire. C’est de ne pas désamorcer le parallèle abusif (avec de l’auto-dérision par exemple). Car si on prend ça au premier degré, il est abusif de comparer un tweet critique à une balle dans la tête. Le danger ici, c’est d’en faire trop. C’est subjectif, mais pour moi, dès son choix de métaphore, Norman se plante en se complaisant dans la victimisation. Est-ce qu’une remarque négative sur internet, même désagréable, est si grave au point de la comparer à une zone de guerre où on trouve la mort ? Cela me fait penser aux personnes pour qui la revendication de ne plus harceler les femmes équivaut à vouloir tuer tous les hommes. Ou vous savez ces gens qui exagèrent toujours, genre tu lui demandes d’arrêter de te gueuler dessus et elle te répond « ho bin puisque c’est comme ça je dis plus rien ! ». Dory si tu me lis. Oui j’en profite pour régler mes comptes, quitte à juger une vidéo puérile je vais pas me gêner pour l’être aussi.

Bref, un soldat répond à Norman :
Soldat : Mais si la blague est subtile et bien faite sergent ?
Norman : Tu veux faire le malin soldat ? Je t’en prie, fais ta blague.

Le soldat s’engage dans la zone de guerre. Joie, nous allons avoir un aperçu du type de blague défendue par Norman et injustement attaquée sur internet.

Soldat : Les femmes mettent du temps à se préparer dans la salle-de-bain parce que…

Et boum il saute sur une mine. Quelle était la chute de cette blague « subtile et bien faite » ? On ne saura pas. On peut toutefois se demander comment une blague peut être « subtile et bien faite » en débutant sur un cliché sexiste aussi éculé. Et bien sachez que c’est possible. Partant de cette intro, j’en ai fait la suite : « Les femmes mettent du temps à se préparer dans la salle-de-bain parce que sinon leurs mecs gueuleraient si elles sortaient en jogging sans maquillage ».
Bon okay c’est pas particulièrement drôle mais je voudrais bien vous y voir avec ce matériel de base. Cette suite a au moins pour intérêt de ne pas être misogyne et de dénoncer un stéréotype de genre, ici l’injonction faite aux femmes de correspondre à des critères de beauté et de soigner leur apparence. Bref il s’agit d’un message contre le sexisme tout en traitant d’un sujet dit « sensible » : le féminisme. Était-ce le but recherché par Norman ?

Malheureusement non, car le sergent enchaîne :
Norman : On vient de perdre l’un de nos hommes pour une blague misogyne. ‘chier (*) !

C’est assez clair. La blague défendue n’est pas contre le sexisme, elle ne tourne pas en dérision un cliché sexiste. Au contraire, on peut supposer qu’elle avait pour but de se foutre de la gueule des femmes qui passent du temps dans la salle-de-bain, alors qu’elles n’en ont pas le choix si elles veulent éviter des remarques désagréables sur leur apparence. En effet, comme il l’affirme, ce devait être une blague misogyne. Donc c’est misogyne. Ainsi, lorsque Norman défend le droit de faire une blague sur le thème du « féminisme », c’est pour être misogyne. On peut alors se demander en quoi la misogynie, donc le mépris des femmes, est un droit à défendre.

Il est temps de parler de ma gueule. Je publie en particulier sur Facebook depuis 3 ans et demi du contenu satirique, textes et photomontages. Maniant l’humour noir et le mauvais goût notamment, on m’a fait fermer 5 fois ma page et j’ai eu plus de 50 publications supprimées. Logiquement, je devrais être d’accord avec l’affirmation du « on ne peut pas rire de tout sur internet ». Or, ce n’est pas le cas. Je considère que l’on peut rire de tout, mais pas n’importe comment. Norman défend le droit de faire des blagues misogynes, sur le thème du féminisme. Je défend la nécessité de faire des blagues contre le sexisme, sur le thème du féminisme. Lorsque je blague sur le thème de la Shoah, je ne rigole pas des juifs. Je rigole de la Shoah ou des nazis. Lorsque je fais une blague sur le racisme, c’est pour me moquer des racistes. Pas de leurs victimes. Je rigole avec les homosexuels, pas des homosexuels. Et vu l’ensemble de mes censures, cette position n’est pas incompatible avec ce qu’on pourrait appeler le « politiquement incorrect ». Ainsi personnellement, lorsque je me plains qu’une de mes blagues soit censurée (comme dans cet exemple), je proteste contre le fait qu’elle n’ait pas été comprise. Norman lui, proteste contre le fait qu’on comprenne très bien la blague, qu’on ne soit pas d’accord avec l’idée qu’elle véhicule et qu’on s’exprime pour émettre une critique. Ce qui est peu compatible avec la liberté d’expression comme j’ai pu le démontrer dans ce texte.

D’ailleurs, poursuivons la vidéo, avec ce dialogue :
Soldat : Mais pourtant sergent, certains y arrivent. Plaisanter avec des sujets si sensibles, ça s’est déjà vu non ?
Norman : Ouais… Mais ce ne sont pas des soldats soldat. Ce sont des légendes.

Non Norman… ce sont juste des humoristes qui maitrisent l’humour et le second degré. Ce sont des gens qui savent faire leur travail sans marcher sur la gueule des autres. Ce sont des gens qui ne se cachent pas lâchement derrière l’humour pour véhiculer des messages discriminatoires, mais au contraire se servent de cet outil qu’est l’humour les dénoncer. Malgré mes censures, il n’y a jamais eu de mouvement de foule pour me traiter de raciste, de sexiste, d’homophobe. Parce que je dénonce, et que je ne rabaisse pas les victimes, autant que je peux. Par l’usage du terme « légende », on peut en déduire que Norman parle d’humoristes du passé qui sont rentrés dans l’Histoire. C’est un « Point Desproges » dissimulé. Le Point Desproges (marche aussi avec Coluche) c’est quand quelqu’un dit qu’on ne peut plus rire de tout contrairement à avant quand c’était mieux. La nuance, c’est que lorsqu’on demande à Desproges pourquoi il fait tant de blagues sur le thème des juifs, il ne répond pas que c’est juste de l’humour ouin ouin on peut plus rien dire. Non, il explique que c’est un sujet qui lui tient à cœur, ne pouvant comprendre qu’à une époque qui lui fut contemporaine, des êtres humains ont pu organiser un tel massacre industrialisé tel que la Shoah. Donc c’est pas juste « pour rire ».

Bref, une sorte d’exutoire, de catharsis. La politesse du désespoir. Rien à voir avec une blague misogyne pour se foutre de la gueule des meufs. Voilà pourquoi Desproges est une légende (trop souvent récupérée et incomprise par des ignares), et pas un comique du web qui ne passera jamais à la postérité s’il poursuit dans cette voie, sentier maintes fois battu consistant à se plaindre que des gens le critiquent quand il se comporte comme un irresponsable inconscient des conséquences de ses blagues de merde.

Poursuivons la vidéo. L’escouade se lance dans le champ de bataille. Vers 1:35, une soldate lance « Ça donne pas envie internet hein… Toute cette méchanceté gratuite. » J’aurai apprécié que ce fut ironique, sachant que quelques instants plus tôt le même personnage défendait le droit de faire des blagues sur les nains. Nains qui font chier personne, à ce que je sache. Nains dont on se fout uniquement parce qu’ils sont de petite taille, donc pas dans la norme. Je dis pas qu’il faut pas le faire. Les nains sont assez grands pour se défendre eux-mêmes. Mais les dialogues commencent à devenir sacrément hypocrites à estimer que les critiques d’une blague font de la « méchanceté gratuite », alors que c’est la blague elle-même qui est de la méchanceté gratuite. Dans ma vie, ça a toujours été les plus grands que moi qui m’ont emmerdé. Rarement les plus petits. Et jamais des nains.

antisystème politiquement incorrect 2.jpg

A la suite, Norman règle ses comptes avec « l’armée des pouces rouges », ici deux enfants pré-pubères. Par cette méthode, Norman infantilise et ainsi discrédite les personnes qui, sur Youtube, mettent des pouces rouges. Le message est clair : si tu exprimes une opinion négative, t’es qu’un gamin qui ne mérite pas d’attention. Ainsi pour Norman, toute critique pertinente ne peut être que positive, sûrement imagine-t-il que les internautes laissant des « pouces bleus » ne peuvent être que de brillants génies matures et cultivés. C’est évident, si t’es d’accord avec moi, t’es un chic type. Sinon, t’es qu’un gamin. C’est bien la peine d’avoir 30 ans pour percevoir les critiques de cette manière, y’a du niveau.

Dans le passage suivant, un inconnu sur le champ de bataille débute une blague de Toto (dont nous n’aurons pas, là encore, la chute). Un soldat s’étonne qu’il ne lui arrive rien alors qu’il fait une « blague de merde ». Notez bien l’expression employée. Norman explique qu’il a la « hype » mais que ça ne dure qu’un temps. En effet il se fait flinguer et sera oublié. Ce que je comprend ici c’est que, d’après Norman, on peut se permettre de faire des blagues qui ne sont pas sur des sujets sensibles (donc sans véritable saveur), tant qu’on profite de sa notoriété, éphémère. Pourquoi pas, je n’ai pas grand chose à dire là-dessus. Puis un autre personnage cherche à rejoindre l’escouade, mais il est rejeté car « il s’est pris un obus à badbuzz pour des propos sexistes, il pourrait tous nous contaminer » justifie Norman. Métaphore du risque de copiner avec des gros cons. Là, je ne sais pas trop où Norman veut en venir. Est-ce qu’il critique le phénomène consistant à exclure les personnes par exemple sexistes ? Ou est-ce un simple constat sans jugement ? Je partirai du principe qu’il s’agit d’un constat, et dans ce cas je trouve ça normal qu’on ne laisse pas la parole à des gens qui s’en servent pour opprimer, et qu’on évite de les garder dans son entourage. Attention, je ne dis pas qu’on doit leur retirer leur droit de parole. Mais on est pas obligé de leur donner un micro, et de les soutenir dans une démarche malsaine. Pour user à mon tour d’une analogie, si un type dans une soirée que vous organisez se met à rabaisser tout le monde, vous allez le faire sortir et vous n’allez plus l’inviter. Ce n’est pas contraire à sa liberté d’expression, qui légalement le protège de poursuites pénales dans une certaine mesure. Et c’est compatible avec le droit de chacun de ne pas subir les connards.

N’en pouvant plus de toute ces horreurs, car c’est horrible de ne pas laisser s’exprimer les sexistes bien sûr, la soldate déserte. Elle rejoint la « zone des podcasts […] une zone safe mais au bout d’un moment on s’y fait un peu chier » précise Norman. J’ai apprécié l’auto-dérision, sachant que Norman est issu de cette zone. Dommage qu’il ne se serve pas de sa capacité à l’auto-dérision pour désamorcer sa victimisation lourdingue du soldat risquant sa peau à faire des blagues sexistes sur internet. D’autant plus que, comme je l’ai rappelé en début d’article, Norman brille plus par sa consensualité que par son humour politiquement incorrect. Quoique… A la suite, le dernier soldat accompagnant Norman se camoufle en faisant une blackface. La menace gronde, c’est terrible, les deux compères risquent un bombardement… « de mauvais commentaires ». Le drame. Tu te déguises en noir comme si être noir serait un déguisement, tu chies à la gueule de millions de personnes et qu’est-ce que tu risques ? Des mauvais commentaires. Mais c’est terriiible c’qu’il vous arrive ! C’est terriiible !

Fuite, course. Ils trouvent un blessé à terre, se tenant la jambe, qui voulait juste « aller sur les réseaux sociaux pour rire un peu ». Et nous avons une nouvelle victimisation où Norman est prêt à jeter l’éponge face à un tel « climat de haine, d’animosité et de… » et d’un truc gratuit, bon là j’ai pas compris il n’a pas bien articulé. Bref, Norman en rajoute une couche en appuyant bien le fait que les personnes qui critiquent sont pleines de haine etc. Sauf que la haine vient de lui. Lui qui défend le droit de faire des blagues misogynes. En gros, Norman veut mettre un pain dans la gueule de quelqu’un sans que sa cible ne réplique par la violence. Norman veut pouvoir discriminer en paix sans qu’on ne le critique.

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Mais bref. Son soldat le remotive, affirmant notamment que si Norman abandonne face aux terriiibles hordes de critiques négatives, il n’y aura « plus de créativité, plus d’humour ». FAUX ! Je trouve ça très drôle. Mais c’était pas voulu par l’auteur. Il est en effet plutôt ironique de défendre ici la créativité quand les blagues misogynes (ou racistes, homophobes, etc.) sont tout ce qu’il y a de moins créatif. Ce sont des blagues ou des ressorts comiques qui circulent depuis des décennies sinon des siècles. La blague « haha les femmes mettent du temps dans la salle-de-bain » ce n’est PAS créatif. C’est le niveau zéro de la créativité. Vous allez sur n’importe quelle site d’humour, vous verrez ces blagues sur les femmes et la salle-de-bain, les femmes et le ménage, les homosexuels et la sodomie, les arabes et le vol de mobylette, les noirs et les allocs, les juifs et l’argent… On les connait ces blagues putain. Je vois circuler les mêmes blagues depuis le collège, voire l’école primaire. Non Norman, tu n’es pas créatif si tu ne parviens pas à renouveler l’humour.

Le soldat poursuit : « On va aller voir ce civil, on va le mettre sur un brancard, et on va lui faire une blague de merde ! » Vous aviez noté tout-à-l’heure la critique d’une blague de Toto qualifiée de « blague de merde » ? Bin voilà. Démonstration de la pauvreté d’écriture du script, où la « blague de merde » est tantôt à mépriser, tantôt à protéger. C’est à se demander si Norman lui-même sait ce qu’il prétend defendre comme humour… Le pire étant peut-être la suite Norman raconte des blagues au blessé alors embarqué sur une civière, le faisant s’esclaffer à gorge déployée sous les tirs. Image épique de l’humoriste altruiste qui se donne corps et âme pour alléger le fardeau de la vie en racontant des blagues. Enfin… « racontant des blagues »… Non. Même pas. Le second moment où Norman aurait pu insérer des exemples concrets de ses gags, il se contente d’enchaîner des morceaux sans rapport les uns avec les autres. Je cite :
« Alors c’est l’histoire d’un belge, d’un juif, et de Bob l’éponge [coupure] et là y’a Chuck Norris qui sort en femme, parce qu’il a changé de sexe ! [rires] Donald Trump répond : quoi ? Moi j’suis pas chaud [rires] Alors là, battle-de-twerk générale [rires] et une fois que la terre a explosé, c’est là que Bob l’Éponge dit : bah, c’était pas une algue, c’était ma femme ! » et le blessé cesse de rire en précisant que la chute n’était pas ouf. On ne pourra pas juger par nous-mêmes car, comme vous l’avez constaté, y’a rien. C’est pas une blague. C’est du vent.

C’est bien sûr un parti pris. Une mise en scène épique avec le ressort comique de l’absurde. Mais ça dessert complètement son propos. Par bêtise ou par lâcheté je ne sais pas, Norman a préféré, une seconde fois, ne pas montrer clairement quel type de blague il prétend défendre dans sa vidéo. C’est consensuel. Il est ainsi délicat de l’attaquer de front en démontrant que telle ou telle blague est malsaine, vu qu’il n’en présente aucune, tandis que toutes les personnes se sentant « réprimées » dans leur liberté de rire des autres ne pourront qu’être en accord avec son propos, aussi flou soit-il. Soit c’est très bête, soit c’est très malin, mais dans les deux cas c’est très mauvais.

Puis, sortant du bois, Norman conclu en précisant qu’il sont désormais dans « la zone des allégories, comme par exemple l’allégorie de comparer internet à un terrain miné ». Nan parce que bon, on n’avait pas compris hein… Il fallait bien que Norman nous prenne une dernière fois pour des cons.

En conclusion, cette vidéo montre un flagrant manque de recul de la part de l’auteur sur le sujet de l’humour, qu’il réduit au simple droit de faire des blagues « pour rire un peu », sans se poser de questions sur leur contenu, sur leur portée. C’est désolant de la part d’un auteur avec autant d’expérience, qu’il ne met visiblement pas à profit pour s’élever. De plus, on peut noter la négation de la liberté d’expression qui induit la liberté de critiquer, ici négativement. En effet, Norman ne proteste pas contre la censure, contre l’incompréhension, ou l’ignorance. Norman proteste contre le droit des gens de le critiquer, vantant ainsi un internet pacifié où les personnes victimes de discriminations n’auraient pas le droit à la parole, contrairement à lui.

Quel beau message que voilà putain.

Alex
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PS : (*) j’avais compris la réflexion de Norman comme étant « chier » alors que ça semble être peut-être « Shèh », un terme arabe pour dire « bien fait ». Je précise donc. Si on prend cela en compte, je vois mal où voudrait en venir Norman de trouver « bien fait » que le type se fasse descendre pour une blague misogyne, tout en critiquant le fait que internet serait un endroit dangereux contre lequel il doit lutter. Qui plus est avec comme ressort de compréhension un terme arabe qui n’est pas franchement à la portée de tout le monde, bref, fausse-piste.

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11 réflexions sur “Norman fait le héros

  1. On peut rajouter le fait que mépriser les enfants (les deux pouces rouges) c’est un peu mépriser son public-cible à lui, composé majoritairement de collégien.ne.s et jeunes lycéen.ne.s. Double balle dans le pied ? Il est vraiment pas doué, ce soldat…
    C’est sans doute pas bien de ma part mais j’ai lu ta critique avant d’avoir regardé la vidéo (pas malin de ma part, si je voulais la regarder d’un oeil neutre au départ), et maintenant j’ai la flemme de la regarder si c’est pour voir ça…

    Aimé par 2 personnes

  2. Franchement l’article est juste génial. Clair. Précis. Une frappe chirurgicale virulente qui démontre clairement les faits et qui ne tombe pas dans le piège de la polémique puérile. Bien joué !

    Aimé par 1 personne

  3. bon alors, juste par rapport à un truc au début de l’article: tu décomposes la partie ou le soldat pour une blague mysogyne. Norman dit « Ché » et pas  » ‘chié », et ché veut plutot dire « bien fait pour sa gueule », en fait. Et la chute de la blague qu’avait commencé le soldat, soit n’as pas de chute, mais n’est pas supposé en avoir, parce que justement « bien fait pour sa geule », on était juste comprendre que la blague n’était PAS fine et subtile. D’ailleurs c’est ça, la blague. C’est le soldat qui dit « mdr une blague fine et subtile », et en fait non. Voila, c’est tout pour moi . Salut ! sinon bon article

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    1. Je rajoute un PS.
      J’ai du mal à comprendre comment on est censé piger ta version de la blague à l’aide d’un terme en arabe balancé vite-fait. D’autant plus que c’est en contradiction totale avec tout le reste du discours.

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      1. En activant les sous-titres de la vidéo, il s’agit effectivement d’un « cheh » pour dire « bien fait ». Cela n’est pas en contradiction avec le message puisque le message ne défend pas les blagues à caractère misogyne, raciste etc mais plutôt la difficulté de pratiquer ce genre d’humour sans se faire lyncher par délit d’intention. En effet, il ne cautionne pas la blague misogyne du soldat, qui est tombé dans le piège des blagues misogynes.

        Au fait, tu défends Desproges parce que tu sais qu’il a de bonnes intentions derrières (malgré le fait que son humour touche énormément de « minorités ») car il dit publiquement que la Shoah l’a beaucoup affecté. T’es-tu renseigné sur les intentions de Norman avant de l’accuser de défendre la misogynie et le racisme via les blackfaces ? On frôle la mauvaise foi.

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  4. J’ai toujours pas compris en quoi la blackface c’était « chier sur des millions de gens », mais ca illustre très bien l’absence d’analyse politique d’aujourd’hui, où on se contente de reprendre les pseudo-analyses anglo-saxonnes obsédées par le prisme ethnique (pour des societes communautarisés comme les USA c’est finalement pas si étonnant).
    Pour le reste, ton article illustre bien les ayatollah de la bien-pensance qui ne comprennent pas que leur discours devient de plus en plus fatigant (Didier Bourdon bien avant Norman l’avait dénoncé dans ses chansons). En somme il s’agit d’imposer un humour autorisé, une sorte de Pravda modern quoi. Les memes s’étonneront ensuite du succès de Marsault (ou du Raptor) qui ne reposent pas tant sur leurs opinions politiques fort critiquables mais sur le fait que ce sont les derniers à refuser de se plier aux dogmes dictés par les donneurs de lecon dans ton genre.

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    1. ayatollah + bienpensance + Pravda, joli combo des mots-clés nécessaires pour combler du vide à peu de frais avec l’apparence de la dénonciation.

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      1. Aucune réponse à mes remarques, alors que j’ai cité un passage clé de ton texte. Pour quelqu’un qui veut donner des leçons à la terre entière, ça manque d’arguments… Au fait une question: si la blackface c’est raciste, alors les mecs qui se travestissent en femme pour le carnaval sont d’affreux misogynes si je reprends ton magnifique raisonnement?
        Quant à mon combo je le trouve pas pire que « je suis antiraciste, féministe, végan, pro LGBT » qui ressemble plus à une vitrine de tee shirts à slogan chez (feu) goéland qu’à une dénonciation argumentée…

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  5. Je ne suis pas d’accord avec cette analyse.
    Norman fait une vidéo pour expliquer que sur Internet les gens crient tout de suite au racisme, fachisme, sexisme… Sans même comprendre ou écouter en entier les propos et les intentions.
    Chacun le gère à sa façon, Norman a décidé d’éviter les sujets qui fâchent ce qui le conduit à avoir des sujets passe partout comme les chats, etc. Il se contraint à fond dans son écriture pour plaire et ne pas être badbuzzer…
    Ton argumentaire autour de sa blague sur les femmes dans la salle de bain illustre parfaitement le problème.
    Il commence une phrase  » les femmes mettent du temps dans la salle-de-bain.. » il n’a pas le temps de finir qu’il est déjà taxé de misogyne. Tout le propos est dans le fait qu’il n’a pas fini sa phrase. Les gens entendent femme et salle de bain et émettent de suite des critiques…
    Il ne défend pas l’idée de faire des blagues misogynes mais de faire des blagues sans qu’on juge de ses intentions avant même d’avoir écouté en entier.
    Je pense qu’il voudrait se sentir plus libre, quitte à parfois se planter car personne n’est parfait.
    Le moment de la blackface c’est pareil. Jimmy se camoufl sauf qu’il exagèré sur la quantité, pas pour se déguiser en noir. Et là, tout le monde préjuge de ses intentions « racistes ».
    À la fin, ils vont raconter une blague au civil, on entend pas, exprès, la blague en entier pour ne pas pouvoir juger de son caractère consensuel ou pas, et le gars rit puis finalement n’aime pas la chute mais c’est pas grave parce qu’on à le droit de se louper, et le spectateur a le droit de pas tout aimer sans pour autant que ça donne de déchaînement de haine.

    Dernier point, pour un gars comme norman, internet c’est sa vie et ce qui s’y passe est hyper important, il joue sa carrière. (Voir Marion Seclin et son tedx)
    Il a peur de perdre toute sa crédibilité dans un délit d’intention. Il a fait des podcasts pour se sentir plus libres, mais il s’ennuie et préfère les vidéos mais la peur de se faire huer le bloque dans sa créativité et l’empêche de traiter de sujets sensibles.
    Et à priori il a pas tord vu la polémique autour de cette vidéo…

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    1. « Il ne défend pas l’idée de faire des blagues misogynes mais de faire des blagues sans qu’on juge de ses intentions avant même d’avoir écouté en entier. »

      Sauf que Norman lui-même dit qu’il s’agissait d’une blague misogyne.
      S’il avait voulu mettre en lumière le fait qu’on ne laisse pas « le temps » (ce qui est faux, sur internet personne n’est interrompu) il n’aurait pas dit lui-même que la blague est misogyne.

       » la peur de se faire huer le bloque dans sa créativité et l’empêche de traiter de sujets sensibles. »

      C’est parce qu’il ne cherche pas à être créatif qu’il ne peut traiter de sujets sensibles. Comme je l’ai expliqué dans mon texte.

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      1. « Norman proteste contre le droit des gens de le critiquer »
        Je pense qu’il proteste surtout contre la « puissance d’internet », c’est-à-dire la rapidité avec laquelle on peut qualifier un individu de sexiste, raciste, homophobe etc et le lyncher publiquement sans qu’il ne puisse s’expliquer. Cela est illustré par la scène de la blague misogyne et de la mine.

        Il qualifie lui-même la blague de misogyne par maladresse ou commodité (pour pas dire « une blague jugée misogyne »). C’est dommage que tu te sois arrêté à ça et que tu sois passé à côté de son message, sachant qu’il reproche précisément qu’on interprète et condamne l’humour trop vite.

        « Ce sont des gens qui savent faire leur travail sans marcher sur la gueule des autres »
        Ironique de lire cette phrase avec toute l’animosité qu’on peut lire dans ton article.

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